Jean-Marc Besson

Premier entretien avec Michel Thévoz
Second entretien avec Michel Thévoz
Les dessins de la grotte Chauvet
Propos sur le dessin
Introduction à l’exposition de 2006
Assumer un apparent désordre…
Yoki parle de Jean-Marc Besson
Dessiner… pour entretenir le désir
Introduction à l’exposition de 2009 Introduction à l’exposition de 2012


Illustration
— Saki —

Yoki parle de Jean-Marc Besson

Il y a toujours présomption à vouloir définir en quelques phrases l’art d’un peintre, même si ce dernier est à la fois confrère et ami. Jean-Marc Besson incarne à mes yeux les vertus les plus familières et les plus spécifiques de créateurs vaudois comme Vallotton ou Auberjonois. Comme eux, et dès ses premières œuvres, il a su voir et concevoir. Lui, qu’attiraient dans sa jeunesse les sciences naturelles aurait pu pratiquer un art de type naturaliste. Mais notre peintre sait trop bien pour parvenir à traduire l’émotion ressentie devant les apparences de ce monde extérieur qu’il aime et sait observer comme un garde-chasse, seuls comptent les moyens transposés et nécessairement déformants d’un art authentique où s’impose, chez lui, une volonté de style. Besson organise donc les éléments de son choix en vue d’une expression de nature lyrique. Il les réduit à des plans simplifiés aux accords choisis et, avec les années, on a vu son modelé se faire plus sculptural. Une exécution patiente mais toujours passionnée y prend plaisir à caractériser les plans, à achever en soustrayant. La justesse des rapports de formes tendues et épurées se conjugue avec celle d’une couleur expressive. Cela confère au sujet -qu’il s’agisse d’un fragment de nature sauvage: berge ou ravin, d’un nu ou d’un animal, une sorte de dignité primitive. Par le pouvoir d’un faire dépouillé, notre ami-peintre parvient à exprimer la beauté de l’essentiel. Complice et conduit par l’amour qu’il voue à une nature menacée, Jean-Marc Besson l’ausculte en géologue-peintre et l’homme n’est plus qu’un des aspects du cosmos. Le spectateur, lui, se trouve appelé à plus d’intériorité. C’est comme une sorte d’interrogation qui lui est posée ou de ressourcement lui est proposé pour lui faire redécouvrir les lois créatrices et les rythmes secrets de l’univers. Par les moyens d’un beau métier qui sait renoncer aux séductions des effets faciles, par une vraie nature de peintre, par un élan à la fois mystique et romantique, le créateur vaudois parvient à exprimer la secrète beauté du monde.

Yoki
1988

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