Jean-Marc Besson

Premier entretien avec Michel Thévoz
Second entretien avec Michel Thévoz
Les dessins de la grotte Chauvet
Propos sur le dessin
Introduction à l’exposition de 2006
Assumer un apparent désordre…
Yoki parle de Jean-Marc Besson
Dessiner… pour entretenir le désir
Introduction à l’exposition de 2009 Introduction à l’exposition de 2012


Illustration
— Tigre —

Assumer un apparent désordre

J’ai peint il y a peu une petite toile représentant un intérieur, sorte d’atelier encombré d’objets: en haut, un vautour naturalisé (ou peut-être une image de ce rapace), un crâne humain posé dans un moule à biscuit rouillé, un champignon parasite du bois, un moulage de la Lionne blessée assyrienne du British Museum. Plus bas, des objets usuels, bol, rouleau de papier, bouteille, livre, assiette, chaise, feuilles volantes. Le tout est structuré par des droites qui figurent une porte, une table, un chevalet. L’ensemble est assez sombre, intime, jouant sur des oppositions d’ombres et de lumières, sans aucune couleur vive.
Rien à voir, à première vue, avec la table de dissection de Lautréamont. Pourtant je me reconnais dans le disparate de ces objets, les uns bizarres et peu rassurants, les autres familiers. L’atelier d’un peintre, c’est en réduction son univers, et en ce qui me concerne, cet univers est fait d’éléments souvent dissemblables, parfois discordants. Encore faut-il assumer, comme on dit, cet apparent désordre. C’est ce que je fais en peignant ce qui me touche, sans chercher à distinguer de prime abord ce qui entrerait ou non dans l’image qu’il faudrait donner de moi-même, en raison de considérations concernant l’image qu’on doit donner de soi.
Ces dernières années, j’ai donc peint, ensemble ou séparément, des intérieurs, des paysages, des animaux sauvages, des étalages de fruits ou de poissons; j’ai dessiné des faucons, des tigres, des montagnes, des déserts… A mon sens, chacun de ces sujets réclame une forme d’expression particulière, ce qui augmente encore l’embarras de ceux qui tiennent à l’image lisse du peintre institutionnel, censé traduire le spectacle du monde de manière stéréotypée, donc bien reconnaissable. Quoi qu’il en soit, ce qui compte, c’est la peinture, l’art de
l’intellect et de l’inconscient, le moyen suprême d’exprimer la complexité du réel et des émotions que j’éprouve face à lui.

Jean-Marc Besson
Introduction à l‘exposition Peintures - Dessins du 8 septembre au 8 octobre 2006 à la Galerie Plexus à Chexbres (VD).
Septembre 2006.

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