Jean-Marc Besson

Jean-Marc Besson, une griffe fauve
Retour d'Afrique
Eau et lumière captives
Aux sources du visible
Galerie Melisa


Falaise à la Broye
«Falaise à la Broye»

Aux sources du visible

Le Matin, jeudi 2 mai 1985, Françoise Jaunin

Sombres natures mortes, puis danses africaines et maintenant falaises et rivière: l’œuvre de Jean-Marc Besson procède par cycles qui affirment le besoin de retourner toujours au motif pour se rafraîchir le regard et vivifier son écriture, mais aussi pour dépasser le stade premier de description et découvrir, derrière les apparences, les rapports d’énergie et les champs magnétiques. Se mesurer au sujet, au métier et aux outils traditionnels,
affronter de face, sans tricherie ni faux-fuyants, ce qui, historiquement constituait
le propre des peintres... Patiemment et rigoureusement, se donner les moyens de
la liberté intérieure.
Besson a l’humilité, la probité et la ferveure secrète du solitaire émerveillé pour qui la peinture est le lieu d’une rencontre privilégiée avec le monde et avec lui-même, un mode de connaissance profonde, intuitive et quasi organique.

Fluidité lyrique
Ses derniers travaux sont aquatiques ou minéraux, les premiers plus lyriques et mouvants, les seconds plus construits et fermés. Les grottes ont quelque chose de plus attendu et parfois de presque laborieux, commesi elles rétrécissaient l’espace et le regard.
Le pastel va particulièrement bien aux superbes jeux d’eau à la fois fluides et denses, miroitants et mystérieux où la trame striée du crayon apporte une respiration légère, bousculée ici ou là par la nervosité soudaine d’une écriture plus libre qui traverse le plan d’eau comme le cri strident et imprévu d’un oiseau.

Chexbres, Galerie Plexus, jusqu’au 25 mai.