Jean-Marc Besson

Jean-Marc Besson, une griffe fauve
Retour d'Afrique
Eau et lumière captives
Aux sources du visible
Galerie Melisa


L’eau et la lumiere captives du peintre Jean-Marc Besson a chexbres

Riviera/Chabelais, samedi 11 mai 1985, Anne Mancelle

Jean-Marc Besson, qui vit à Pully et enseigne à l’Ecole des Arts Appliqués
de Vevey et aux Beaux-Arts à Lausanne, est actuellement l’hôte, jusqu’au 25 mai, de la Galerie Plexus à Chexbres, avec un ensemble de travaux tout à fait extraodinaires: gouache rehaussée de pastel, huiles, aquarelles, sont autant de techniques pour tenter de capter les «états» de la lumière sur d’âpres rochers et frissonnements de l’eau dans les rivières calmes.
L’observation intense de la nature par l’artiste se perçoit superbement dans ces travaux. Pour tenter d’expliquer cette qualité, on pourrait comparer le travail de l’oeil du peintre à celui d’un photographe qui change d’objectif: 35 millimètres pour une vision globale et large. Puis, petit téléobjectif pour mieux percevoir la lumière sur la vaguelette, puis, peut-être, gros téléobjectif pour explorer le fond de la rivière avec l’acuité visuelle du chercheur d’or. De cette observation fine et multiple découle la qualité des œuvres: les galets deviennent émeraudes sous le cours de l’eau, et l’impression de profondeur et de rondeur des cailloux est parfaitement réstituée. Les travaux à l’huile communiquent transparence de vitrail.
Mais certaines gouaches rehaussées de pastels sont encore plus fascinantes, et c’est particulièrement le cas de certaines œuvres consacrées à des rochers, des failles, sans eau cette fois-ci: Besson capte le mouvement de la lumière, le plein-soleil menacé par l’ombre. La lumière est captive du peintre, mais on sent presque physiquement qu’elle ne va pas tarder à fuguer! C’est très émouvant.

Chexbres, Galerie Plexus, jusqu’au 25 mai.