Jean-Marc Besson

Jean-Marc Besson, une griffe fauve
Retour d'Afrique
Eau et lumière captives
Aux sources du visible
Galerie Melisa


«Léopard» 2011
Tempera

Jean-Marc Besson, une griffe fauve

Le Temps, Mardi 8 mai 2012, Laurence Chauvy

Le peintre vaudois expose une nouvelle fois à Chexbres

Croquis enlevés à l’aquarelle, au crayon, au lavis, ou peintures à la tempera, plus rarement à l’huile, les pièces récentes de Jean-Marc Besson abordent le monde de la vie sauvage, tel que l’artiste le capte lors de ses excursions ou tel que le retransmet la télévision, en couleurs. On sent la volonté du peintre, qui expose une nouvelle fois (c’est la dixième, selon le décompte du galeriste, Richard Aeschlimann) à la Maison des arts Plexus à Chexbres, de se confronter au passage des images, et de forcer ce passage, jusqu’à l’arrêt: arrêt sur l’image d’une chouette lapone ou d’une lionne courant, de lions combattant ou d’un tigre rampant. Ce qui séduit, dans ces compositions inédites, c’est bien sûr l’expressivité des bêtes représentées la patte en avant, les yeux énigmatiques, mais aussi l’harmonie des teintes, en rapport avec le sujet. Les teintes fauves qui adornent et accompagnent guépard et léopard, ou les jaunes, les verts, les bleus étirés dont sont constitués les paysages.

La vie sous sa forme primitive
Ces lointains paysages d’une Mer tropicale ou d’une Sierra rouge donnent la dimension de l’espace qui s’ouvre devant les yeux, même lorsqu’on ferme ceux-ci afin de mieux rêver. Une substance chaude et généreuse émane de ces oeuvres et semble se déverser directement dans l’esprit ou dans le coeur. Le spectateur partage d’emblée cette attention sans défaut, cette curiosité, cet intérêt pour la vie sous sa forme primitive, animale.

Contemplation
Le sens chromatique s’exprime dans les portraits d’aras, d’ibis rouges ou de calaos, tandis que le lavis d’un rapace donne jour à une pulsion plus âpre, viscérale. Dans ce contexte, où les fauves apparaissent auréolés d’une sorte d’innocence, on aimera les paysages pour leur caractère médité, propice à la contemplation. Hormis la présence d’un autoportrait, l’être humain ne figure pas dans cette exposition, qui renvoie ainsi à une genèse lointaine et désirable, et regrettée. Mais plus que la mélancolie, c’est le plaisir qui prédomine, plaisir de se colleter avec le parfum âcre et suave des terres rouges tropicales, où les animaux déposent leur effluve.

Chexbres, Galerie Plexus, jusqu’au 20 mai.